Compte-rendu soirée sur les pratiques complémentaires du 06/11/2018

            A l’initiative du CDOMK 34, une soirée sur les pratiques complémentaires s’est déroulée ce mardi 6 novembre 2018.L’objectif était de mettre en avant les missions de l’Ordre sur la qualité et la sécurité des pratiques dans un « contexte d’Evidence Base Practice » sur lequel la masso-kinésithérapie s’est engagée. Il a été rappelé les avis du CNO sur la pratique de la microkinésithérapie et sur la biokinergie, qui soulignent le risque de dérive thérapeutique à laquelle peuvent être soumis les MK intéressés, et qui de fait contreviendrait aux règles déontologiques.

  1. LE PROFESSEUR GREGORY NINOT, de l’Université Paul Valéry, directeur de la plateforme universitaire collaborative des méthodes d’évaluation des Interventions Non Médicamenteuses (INM), nous a fait part des objectifs de son laboratoire.
  • 28 millions en France, sur 67 millions d’habitants, suivent un traitement au long cours,
  • 15 millions sont atteints de maladie chronique,
  • 9 millions sont reconnus en ALD.
  • 3 français sur 4 vivent avec une maladie chronique. (Briançon et Al., 2010)

Un patient sur 2 ne suit pas sa prescription (OMS, 2003), 2 milliards par an et 1 million de journées d’hospitalisation par an dues à la non observance (Fondation Concorde, 2014).

La HAS a rendu une recommandation sur le  « développement de la prescription des thérapeutiques non médicamenteuses validées » (HAS, 2011)

Des voies d’amélioration ont été identifiées. Elles s’organisent autour de 4 axes :

  • Améliorer le cadre économique et organisationnel,
  • Améliorer l’information des professionnels de santé et des patients sur les thérapeutiques non médicamenteuses,
  • Améliorer l’adhésion des professionnels de santé aux recommandations sur les thérapies non médicamenteuses,
  • Améliorer l’accès à l’offre en matière de thérapeutiques non médicamenteuses.

Classification des INM :

 

Les catégories et sous-catégories d’Interventions Non Médicamenteuses (INM)

categories inm.png

Une INM se définit par :

  • Désignation : nom, abréviation, discipline/ famille, marque, auteur ;
  • Objectif de santé : résoudre (prévenir, soigner et/ ou guérir) un problème de santé (comportement à risque, symptôme, maladie)
  • Population cible : âge, sexe…
  • Contenu : durée, dose, ingrédient-composant-technique-geste, matériel, lieu de pratique, prescription, prix, précautions, normes, label…
  • Mécanismes d’action : processus bio-psycho-social ;
  • Intervenant professionnel : métier, formation initiale, formation continue, qualification, certification ;
  • Publications scientifiques : études observationnelles, études mécanistiques, études interventionnelles, revues systématiques, expertises collectives.
  • https://plateformeceps.www.univ-montp3.fr/fr/nous-contacter/nous-contacter

Tout en s’inscrivant dans l’EBP, cette approche ouvre une voie méthodologique innovante pour nos pratiques, très différente de celle de la pharmacologie  dont les méthodologies de validation de l’efficience sont difficilement applicables à nos exercices. Dans ce contexte, le principe de recherche de l’efficacité et de l’acceptabilité prend le dessus sur celui de la causalité. On pourrait faire un parallèle sur l’avènement des psychologies comportementales attachées aux effets thérapeutiques versus la psychanalyse attachée aux causes du trouble.   

  1. PRESENTATION DE CHRISTINE WHEELDON SUR LA BIOKINERGIE : « La biokinergie permet de rétablir l’équilibre global du patient dans sa dimension physique, énergétique et psychique. » Redonner de la mobilité aux structures (os/ organe), détendre les tissus musculaires et fasciaux (muscles et fascias), favoriser à nouveau les échanges (nerveux et circulatoires). Les techniques peuvent être: ostéo-articulaires et organiques, myo-fasciales, et informationnelles (énergétiques et réflexes).

 

  1. PRESENTATION DE CELINE GAUTHIER SUR LA MICROKINESITHERAPIE: origines de la technique en 1983, par Patrice Benini et Daniel Grosjean. Les bases de la microkinésithérapie sont : l’embryologie, la phylogénèse, les rythmes vitaux.

Présentation des cartographies de travail et des tableaux musculaires issus de l'embryologie

Motifs de consultation,

Déroulement d'une séance,

Enseignement de la microkinésithérapie en France et dans le monde (enseignement réservé aux kinésithérapeutes/physiothérapeutes et médecins),

Travaux scientifiques: les 7 évaluations publiées dans des revues internationales et les évaluations cliniques.

Le débat s’est ensuite poursuivi auprès de la cinquantaine de participants.

Il est important d’expliciter les motivations de l’ordre qui peuvent parfois être ressenties comme rétrograde ou peu adaptées aux évolutions de nos pratiques mais qui donnent le cadre de la rigueur à laquelle nous devons répondre. Les patients, très demandeurs de nouvelles expériences sont en droit de bénéficier d’une prise en charge conforme avec les données actuelles de la science et respectueuse du principe de « non-perte de chance. » L’ordre a également la mission d’accompagner ces nouvelles pratiques vers des méthodologies appropriées à leur reconnaissance. Cette soirée a été construite et comprise en ce sens.

 

 

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